« Moi, je suis correct, j'ai des assurances au travail. »
C'est une des phrases que j'entends le plus souvent. La plupart du temps, elle est dite avec un vrai sentiment de sécurité. Le problème, c'est que ce sentiment ne correspond pas toujours à votre réalité, surtout quand vous avez un bon revenu et une famille qui dépend de vous.
Je ne suis pas là pour vous faire peur ni pour démolir votre régime collectif. Un régime collectif, c'est utile. Mais c'est un point de départ, pas une réponse complète. Regardons trois angles morts ensemble.
1. Elle disparaît souvent quand vous changez d'emploi
Votre couverture collective appartient à votre employeur, pas à vous. C'est une distinction qui a l'air technique, mais qui change tout.
Le jour où vous changez de job, où vous partez à votre compte, ou où l'entreprise revoit ses avantages, votre protection peut disparaître du jour au lendemain. Vous vous retrouvez alors à magasiner une assurance individuelle plus vieux qu'avant, et parfois avec une condition de santé qui a changé entre-temps. Ce qui coûtait peu à 32 ans n'a plus le même prix, ni la même facilité d'accès, à 45 ans.
Une protection que vous possédez vous-même, elle, vous suit. Elle ne dépend pas de qui signe votre paie.
2. Elle est rarement conçue pour remplacer un revenu élevé
Les régimes collectifs sont bâtis pour la moyenne d'un groupe. C'est leur logique. Une assurance vie collective représente souvent un ou deux fois votre salaire annuel. Ça peut sembler beaucoup sur papier.
Mais posez-vous la vraie question. Si vous gagnez 120 000 $ par année et que votre famille a un train de vie qui suit ce revenu, est-ce qu'un montant équivalent à un ou deux ans de salaire couvre l'hypothèque, les études des enfants, et les années qui restent avant que votre conjoint atteigne sa propre retraite ?
Plus votre revenu est élevé, plus l'écart entre ce que le collectif offre et ce dont votre famille aurait réellement besoin tend à se creuser. C'est souvent là que se cache le plus gros angle mort.
3. Elle n'est pas pensée pour VOTRE situation
Un régime collectif applique les mêmes règles à tout le monde dans le groupe. La même invalidité, la même définition, les mêmes plafonds. Il ne sait pas que vous avez deux enfants en bas âge, un prêt hypothécaire récent, ou un conjoint qui a réduit ses heures.
Il ne sait pas non plus comment votre couverture d'invalidité se comporterait vraiment si vous ne pouviez plus exercer votre métier précis. Plusieurs régimes versent des prestations pendant une période limitée, ou selon une définition d'invalidité plus restrictive que ce que les gens imaginent. Ce sont des détails qu'on découvre rarement avant d'en avoir besoin.
Protéger votre famille, ce n'est pas cocher une case dans un formulaire RH. C'est répondre à une question concrète.
Par où commencer
Voici l'exercice que je vous propose, et il prend une vingtaine de minutes.
Posez-vous une seule question, sans calculatrice compliquée pour l'instant : si un revenu disparaissait demain matin, le train de vie de ma famille tiendrait combien de temps ? Trois mois ? Un an ? Cinq ans ?
Ensuite, sortez votre brochure d'avantages sociaux et regardez trois chiffres :
- Le montant de votre assurance vie collective.
- Le pourcentage de votre salaire couvert en cas d'invalidité, et pour combien de temps.
- Ce qui se passe avec ces protections si vous quittez l'emploi.
Vous n'avez pas besoin de tout comprendre. Vous avez juste besoin de voir l'écart entre ce que vous avez et ce dont votre famille aurait besoin. Cet écart, c'est votre vraie zone de risque.
À partir de là, on regarde ce qui se complète à l'extérieur du collectif, dans le bon ordre, selon ce qui compte pour vous. On part de votre réalité, pas d'un catalogue.
Si vous voulez mettre des chiffres clairs sur ces angles morts, on peut faire l'exercice ensemble lors d'une consultation sans engagement. Pas de pression, juste un portrait honnête de votre situation.
Information générale à des fins éducatives, pas un conseil personnalisé. Chaque situation est unique; on regarde la vôtre ensemble.
— Guillaume Payant, conseiller en sécurité financière