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Faire fructifier

REER ou CELI : comment choisir selon votre situation (sans recette magique)

« REER ou CELI ? » C'est probablement la question de finances personnelles la plus posée au Québec. Et c'est aussi celle qui reçoit le plus de mauvaises réponses, parce que la plupart des gens cherchent LA bonne réponse, comme s'il y en avait une seule pour tout le monde.

Il n'y en a pas. Le bon choix dépend de vous : votre revenu, votre objectif, votre horizon. Quelqu'un qui gagne 55 000 $ et quelqu'un qui gagne 140 000 $ n'ont pas du tout les mêmes leviers.

Mon but ici, ce n'est pas de vous donner une recette magique. C'est de vous donner les principes pour que vous compreniez vraiment ce que vous choisissez. Après ça, on regarde votre situation pour personnaliser.

Ce que fait vraiment le REER

Le REER, c'est un compte qui vous donne une déduction fiscale au moment où vous cotisez. Concrètement, l'argent que vous y mettez vient réduire votre revenu imposable de l'année. Si vous êtes dans une tranche d'imposition élevée, cette déduction a plus de valeur, parce que chaque dollar cotisé vous évite plus d'impôt.

En contrepartie, l'argent est imposé au moment du retrait, généralement à la retraite. Vous ne faites donc pas disparaître l'impôt : vous le reportez à plus tard. Le pari implicite, c'est que votre taux d'imposition à la retraite sera plus bas qu'aujourd'hui.

Tant que l'argent reste dans le compte, il croît sans être imposé chaque année. C'est ça, l'avantage principal : reporter l'impôt et le payer, on l'espère, à un taux plus avantageux plus tard.

Ce que fait vraiment le CELI

Le CELI fonctionne à l'envers. Vous ne recevez aucune déduction quand vous cotisez : vous mettez de l'argent que vous avez déjà payé en impôt. Mais en échange, les gains réalisés à l'intérieur ne sont jamais imposés, et les retraits non plus.

Vous pouvez donc sortir l'argent quand vous voulez, autant les cotisations que les gains, sans ajouter un sou à votre revenu imposable. Ça en fait un outil très souple, autant pour des projets à moyen terme que pour la retraite.

Autre détail utile : quand vous retirez un montant du CELI, vous récupérez ce droit de cotisation l'année suivante. Le REER ne fonctionne pas comme ça.

La vraie question : aujourd'hui ou à la retraite ?

Voici le cœur de la décision, et c'est plus simple qu'on le pense.

Le REER tend à être avantageux quand votre taux d'imposition est plus élevé aujourd'hui qu'il le sera à la retraite. Vous déduisez à un taux élevé, vous retirez à un taux plus bas, et l'écart joue en votre faveur.

Le CELI tend à être avantageux dans la situation inverse, ou quand vous n'êtes pas certain. Si votre taux d'imposition est bas en ce moment, ou si vous anticipez des revenus importants à la retraite, payer l'impôt maintenant et ne plus jamais y toucher peut être plus malin.

Pour un particulier à revenu élevé, le REER offre souvent une déduction très intéressante dans l'immédiat. Mais attention : si vous accumulez un gros REER, vos retraits à la retraite peuvent vous placer dans une tranche plus élevée que prévu, et même affecter certaines prestations gouvernementales. C'est exactement le genre d'angle mort qui se planifie d'avance.

Souvent, ce n'est pas l'un OU l'autre

C'est ici que la question « REER ou CELI » devient mal posée. Pour bien des gens à bon revenu, la réponse, c'est les deux, mais dans le bon ordre et avec une intention claire.

Une approche fréquente, à titre d'illustration et non de recommandation : cotiser au REER pour aller chercher la déduction quand votre taux est élevé, puis réinvestir l'économie d'impôt générée dans votre CELI. Vous profitez de l'avantage immédiat du REER tout en bâtissant une réserve d'argent souple et libre d'impôt à côté.

L'ordre, le montant, et l'équilibre entre les deux dépendent de votre réalité. Il n'y a pas de pourcentage magique qui s'applique à tout le monde. Ce sont des outils, pas des recettes magiques.

Un cas particulier : le premier achat de propriété

Si une première maison est dans vos plans, il existe un troisième outil qu'il faut connaître avant de remplir votre REER ou votre CELI : le CELIAPP, le compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété.

Il combine certains avantages des deux comptes pour un objectif précis. Je le couvre dans un autre article, parce qu'il mérite sa propre explication. Retenez simplement que si l'achat d'une première propriété est sur votre table, ça change l'ordre des priorités.

Par où commencer

Vous n'avez pas besoin de tout optimiser cette semaine. Vous avez besoin de répondre à trois questions, dans cet ordre.

D'abord, à quoi sert cet argent : la retraite, un projet à moyen terme, une marge de sécurité ? Ensuite, quel est votre taux d'imposition aujourd'hui, et qu'est-ce que vous anticipez à la retraite, même approximativement ? Enfin, dans combien de temps prévoyez-vous y toucher ?

Avec ces trois réponses, le choix entre REER, CELI, ou un mélange des deux devient beaucoup plus clair. Et si vous voulez valider que votre stratégie tient la route, surtout avec un bon revenu où l'impôt pèse lourd, c'est exactement le genre d'exercice qu'on fait ensemble, à partir de votre réalité plutôt que d'une règle générale.

Petite note importante : les plafonds de cotisation et certaines règles fiscales changent d'une année à l'autre. Validez toujours les montants en vigueur en 2026 avant de poser un geste.

Vous voulez savoir quel mélange a du sens pour votre situation précise ? On peut en parler lors d'une consultation sans engagement. Pas de produit à vendre, juste un portrait clair.

Information générale à des fins éducatives, pas un conseil personnalisé. Chaque situation est unique; on regarde la vôtre ensemble.

— Guillaume Payant, conseiller en sécurité financière

Vous voulez vérifier ce que ça donne dans votre situation ? On le regarde ensemble. Planifier un appel
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